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MAX ZITA ET LES MERVEILLES DU GOSPEL

MAX ZITA ET LES MERVEILLES DU GOSPEL

Le centre Saint Jean Bosco a succombé, le temps d'un week-end, à la magie du gospel. En effet, samedi 6 et dimanche 7 août 2016, dans la chapelle du centre Saint Jean Bosco à Gourbeyre, un groupe d'une cinquantaine de personnes a suivi un stage de chant dirigé par Max Zita, chef de choeur, professeur de chants et créateur du célèbre Gospel Voices. Max Zita a su, en deux jours, créé une chorale de débutants qui, emmenée par lui, respirait la joie de vivre, avec des voix qui parcouraient toutes les nuances, des murmures à d'émouvantes vocalises. Leur concert de fin de stage a permis au public de participer, témoigner et partager cet hymne à l’amour qu'est le gospel. 

 

1. Le stage
Le contenu du stage de deux jours portait sur plusieurs aspects de la technique du gospel : prise de conscience et maîtrise de « l'instrument voix » à travers la technique gospel ; échauffement vocal ; recherche de timbre ; travail sur les moules sonores ; mise en place de la respiration du chant ; apprentissage et mise en place du répertoire ; compréhension du mécanisme physique (souffle, placement du corps et du son) ; travail d'écoute de sa voix, travail mélodique et rythmique, justesse, énergie ; un juste équilibre entre l'émotion et la technique, « le lâcher prise ».
Après la messe du 7 août à 17h30, célébrée par les Pères Ralph et Josué, Petits Frères de l'Incarnation, le stage a été clôturé par un concert donné par les apprenants, au profit des Amis de la Fraternité de l'Incarnation. Plusieurs incontournables du gospel, appris au cours des deux jours, ont été interprétés, comme « We are marching », « Ride on King Jesus », « We need you Lord », « Precious Lord », « Take my hand », … Plusieurs « worship songs » de Jonathan Butler étaient aussi au menu.
Tout au long du stage et du concert final, Max Zita et ses élèves d'un week-end ont été accompagnés au piano par Eric Némorin, pianiste professionnel guadeloupéen, détenteur d'un master en musicologie de l'Université d'Evry, et qui réside dans l'Essonne.


 

2. Les débuts
Né en 1963 en Guadeloupe dans une fratrie de six frères et sœurs, Max Zita a connu sa première expérience musicale à l'âge de 4 ans, dans la chorale du Temple Adventiste d'Obédience Protestante dont son père était le directeur. Un jour, il écoute un 45 tour de l'ensemble vocal « Golden Gate Quartet » qui produit chez lui un véritable déclic. Emblème du gospel, le « Golden Gate Quartet », de par son exceptionnelle longévité, a marqué profondément la grande histoire de la musique religieuse afro-américaine. A 16 ans, Max crée avec Joël Pharaon son premier chœur de gospel, « Pléiades », avec lequel il sillonne la Guadeloupe, en tant que guitariste, chanteur, compositeur. Après son bac obtenu à La Persévérance, à Boissard, il part en 1983, âgé de 20 ans, à Paris pour asseoir ses connaissances musicales et enrichir sa connaissance de la musique noire américaine (Spiritual, Gospel, Blues, Rhythm n'Blues). Il suit des cours à l'université de Paris VIII (ex-Vincennes Saint Denis), où il obtient une licence en musicologie. En 1986, il se marie avec Yvelle Perelus, originaire de Saint Rose, qui sera et continue d'être son plus fidèle soutien. Ils ont trois enfants : deux filles nées en 1990 et 1992 et un fils né en 1997.



3. Gospel Voices
Son diplôme en poche, Max devient professeur de musique durant sept années dans plusieurs collèges de l'académie de Versailles. Max Zita commence véritablement sa carrière dans le gospel, en 1987, quand il rencontre Monique-Ange Hertin qui lui propose de l'assister dans la direction du jeune choeur de gospel « Gospel Chords Singers» qu'elle a créée.
Un an plus tard, en 1988, Max décide de voler de ses propres ailes et crée « Gospel Voices » qui, grâce à sa passion, connaît une ascension constante. Les dix-huit choristes réunis se retrouvent régulièrement pour répéter des chants traditionnels de Gospel, ainsi que des morceaux arrangés par Max Zita. La chanteuse Nicoletta les repère rapidement, les « marraine » et les introduit auprès des plus grands noms de la musique. Le chœur fait beaucoup de chemin, jusqu'à devenir incontournable, dans le milieu du gospel et bien au-delà. Liz Mc Combs, Johnny Hallyday, Christophe Maé, Lara Fabian, Cheb Mami, Rhoda Scott et bien d'autres font appel à eux.
De 1991 à 1998, Max Zita et son épouse Yvelle participent chaque été à des conventions de gospel qui les mènent à New York, Atlanta, Minneapolis, Detroit, Montgomery, Washington, ...
En 1995, Max Zita, qui enseignait parallèlement la musique dans un collège de Maison-Lafitte (académie de Versailles), décide d'arrêter l'enseignement et de se consacrer totalement au gospel.
Aujourd'hui Gospel Voices dispose de près de 100 artistes aux voix multiples, réunis selon le type d'événement, le lieu et le public et à même d'unir le monde autour de la paix et de l'amour. La composition élaborée de plusieurs voix d'exception interprètent les chants traditionnels Gospel, ainsi que de nouvelles oeuvres composées et arrangées par Max Zita. Parallèlement au Gospel Voices, Max Zita a mis en place d'autres groupes : Gospel Quintet, Gospelissimo, … Max Zita possède aujourd’hui plusieurs casquettes au sein de Gospel Voice Production, à savoir directeur, manager, chef de choeur et professeur de Gospel Voice Academy. 

4. 25 ans
Le 15 février 2014, Max Zita a célébré en grande pompe les 25 ans de sa chorale gospel à l'Olympia de Paris. C'est en effet devant un parterre de 1800 personnes que Max Zita & Gospel Voices ont fêté leur quart de siècle. Cet anniversaire, Max Zita l'a vécu comme une véritable consécration. Parmi les invités de l'événement figuraient entre autres Nicoletta, qui fut leur marraine avec un album en collaboration vendu à plus de 50 000 exemplaires, Rhoda Scott, l’organiste de renom international, des artistes de variété comme Lara Fabian. Sans oublier Dominique Magloire, demi-finaliste The Voice 2012, Emmnanuel Djob, demi-finaliste The Voice 2013 et des artistes de la scène créole comme Christiane Obidole, leader de Zouk Machine, Axel Tony ou Yoann Freget.

5.    Amour et force
Seul au départ, c'est à force d'amour et de persévérance que Max Zita a su porter le Gospel et c'est en grande partie grâce à lui que cette musique connaît son succès d'aujourd'hui en France. Précurseur du mouvement gospel en France, c'est pour cette raison qu'il a reçu le « Prix d’honneur » du Salon du Gospel. Max Zita a su faire fleurir cette musique et en faire un genre à part entière, reconnu dans le métier. Un des secrets de la réussite de Max Zita est sa capacité à placer le choeur comme le public au centre de sa musique, faisant en sorte que tous soient transportés par l'énergie et le plaisir musical, que procure chacun de ses concerts. S’impliquant du début à la fin d’un projet, ne négligeant aucun aspect, ne laissant rien au hasard, Max Zita est un perfectionniste qui vit le gospel comme un sacerdoce et est sur tous les fronts pour recadrer et tirer le meilleur de chacun et de chaque événement.

6.    Le gospel
Travaillant du matin au soir dans les champs de coton du sud des Etats-Unis, les esclaves noirs, dans leurs chants de negro-spirituals, s'identifient aux captifs hébreux en Egypte et recourent aux thèmes et personnages de l'ancien testament pour exprimer leur souffrance et leur espérance d'une libération. A partir de 1865, date de l'abolition de l'esclavage, le gospel prend le relais du negro-spiritual et se fait révolte musicale des Noirs émancipés, contre une Amérique raciste. Le gospel fait intervenir plusieurs instruments (orgue, harmonium, instruments à vent, claquements des mains et mouvements du corps, ...) mais fait aussi plus souvent référence à Jésus-Christ et aux apôtres, c’est-à-dire aux Évangiles, contrairement aux negro-spirituals qui évoquaient plutôt des personnages de l'Ancien Testament.
Transmettant sa foi et sa résolution, le Gospel engage les hommes à prier et à oeuvrer pour que Dieu les aide par Sa grâce et pour Sa gloire à être fidèles à l'alliance qu'Il a tissée avec eux et à se consacrer au service du Christ, en se soumettant avec joie à Son autorité sur nos vies tout entière. Le gospel fédère ainsi les hommes au-delà de toutes les barrières et cloisonnements qui les séparent.
Pascal Gbikpi  

Questions liturgiques